Marc Bellini : les végétaux comme portrait d’un lieu

Inspiré par la botaniste et photographe Anna Atkins, connue pour son herbier réalisé en cyanotype, Marc Bellini a vu dans l’herbier le pouvoir de capter l’esprit, la mémoire d’un lieu. La cueillette lui offre des occasions de rencontres, de dialogues avec des histoires réelles ou fictionnelles. Cet acte relève d’une attention, d’un plaisir de regarder le végétal, de le sélectionner pour sa beauté ou pour sa singularité. C’est aussi une possible offrande…

Ses « fictions végétales » racontent des promenades. À la place du nom de la plante, on trouve le lieu de la collecte ou le nom d’une personne. Chaque planche d’herbier est la trace d’un passage, elle invite à se raconter des récits et à tisser des liens avec un quartier ou avec un événement. Ses œuvres mettent en lumière le tiers-paysage, « l’espace privilégié d’accueil de la diversité biologique » selon Gilles Clément. Marc Bellini révèle un patrimoine botanique. La plante amène également l’envie d’aller découvrir de façon plus approfondie un quartier. Elle lui donne un caractère poétique.

Un de ses herbiers, Le latin des botanistes est issu d’une curieuse découverte. Huit rues du quartier Latin à Paris portent le nom d’un botaniste célèbre. Après leur identification sur un plan, Marc Bellini a herborisé dans chacune des rues et balisé son parcours. Pour accompagner ces herbiers, il a photographié divers végétaux trouvés sur le trajet à l’aide d’un appareil photographique contemporain des botanistes, la camera obscura. (boite noire dotée d’un minuscule trou pour le passage de la lumière).

Sa série Les eaux sombres montre elle, des plantes issues des mers, lacs, canaux et fleuves de l’Europe, là où sont passés des immigrés illégaux. Sur un fond noir, le végétal laisse parfois imaginer un voile, une présence fantomatique. Sorti de son milieu, il révèle ces personnes invisibles. Une carte de l’Europe fait écho à leurs déplacements et indique le territoire de récolte. Marc Bellini, par ses relevés et ses photogrammes, fait surgir la mémoire des inconnus.

Ainsi, avec le végétal, Marc Bellini compose un portrait d’un territoire parcouru. Il raconte des histoires et rend visible la diversité végétale. La plante crée ici du lien et fait surgir des souvenirs, les passages d’individus…

https://www.marcbellini.net

http://www.lecorridordelart.com/2015/11/les-eaux-sombres-exposition-de-marc-bellini-un-herbier-sensible.html

http://transverse-art.com/oeuvre/lherbier-de-madeleine

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