Dominique Ghesquière : l’art d’observer de créer avec les éléments naturels

Dominique Ghesquière, au fil de ses parcours, a découvert l’intelligence des plantes. Elle se nourrit de ses expériences d’exploration de paysage. Elle apprend au contact de la nature. En se connectant avec les végétaux, elle dit se développer, grandir, se ressourcer. Marquée par la pensée de Gilles Clément et de Francis Allé, elle considère qu’il faut réapprendre à voir la nature, elle prend le temps d’observer les plantes, fascinée par leur capacité mystérieuse à produire de l’énergie. Lors de ses promenades, elle fait attention aux moindres petits éléments de la nature, arbres, écailles de pommes de pin, galets, les collecte, le regard ouvert, aiguisé, son âme d’enfant retrouvée. Ces fragments de paysage, une fois collectés, deviennent matières à des compositions, petits assemblages délicats ou à des installations, création d’un paysage.

Après s’être imprégnée de l’atmosphère et de l’esprit des lieux qu’elle traverse, où elle est invitée en résidence, cette artiste réagence et compose des espaces imaginaires. Telle une archéologue, elle révèle des traces de paysages enfouis. Ses œuvres nous invitent à revivre des sensations, à éprouver physiquement des milieux naturels. Elles mettent en lumière la géographie, le passé et le devenir, l’évolution et la fragilité de certains paysages.

D’autre part, ses interventions minimales paraissent être à la limite entre une composition naturelle, une création d’un animal, et l’œuvre d’un artiste. Parfois fragiles, comme en suspens, à la limite de la fixation, celles-ci suggèrent des moments de croissance du végétal.

Dominique Ghesquière s’est approprié les techniques de croissance et de construction des plantes et des animaux. Elle tire parti de son observation de la nature. Elle travaille de façon méticuleuse. Avec une extrême patience, telle une brodeuse, elle prend le temps de voir son ouvrage évoluer. Elle imite ainsi le processus de croissance, la beauté de la nature qui se transforme et dont chaque stade est source d’émerveillement. Tout en créant au fur et à mesure avec la matière végétale, elle développe le plaisir de voir, tel un jardinier, son œuvre grandir, pousser.

Au fond, ses œuvres invitent à ressentir notre besoin des plantes. Celles-ci témoignent d’un temps passé à observer leurs structures et leurs rôles dans la nature. En les contemplant, des souvenirs de paysage et de milieux naturels parcourus peuvent resurgir.

Pauline Lisowski

A découvrir prochainement l’exposition In Natura, 10 artistes pour les 10 ans d’Artaïs, proposée par l’association Artaïs, du 9 au 17 septembre, au DOC, à Paris.

http://doc.work/event/in-natura/

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